Précédent Accueil
 

HISTOIRE DU COUVENT
Couvent St Dominique - Corbara

 
Page -  1  -  2  -  3  -
 


CORBARA SE CHERCHE

      Si la personnalité attachante, intelligente et généreuse, du Père CORMIER a marqué d'une manière indélébile l'histoire de Corbara, le fait que le Couvent soit en Corse, donc à la fois éloigné du continent, de la France et de l'Italie, et dans une île qui ne peut pas prétendre offrir un terrain d'avenir à une maison d'études, rend tous les projets et la vie même de la communauté très aléatoires. De noviciat italien, le Couvent devint, par initiative personnelle du Père JANDEL, « Ecole apostolique », foyer de formation à la mission, orientée en particulier vers l'Orient et vers l'Amérique du Sud. Déjà le Père CORMIER y songeait, mais cette nouvelle orientation prendra forme dans les cinq années qui suivirent son départ. Et pour cinq années seulement.
       Cette initiative, reconnue légitimement par les autorités publiques comme « Société Civile du Collège des Missions Dominicaines de Corbara », sauvera le Couvent des mesures d'exclusion des communautés religieuses décidées par les décrets du 29 mars 1880 pour toute la France. Ces décrets entraînèrent la fermeture du Couvent de Flavigny et la dispersion en divers endroits des novices et des étudiants dominicains. Corbara devint alors refuge des étudiants en théologie. Le couvent connut alors une période de grande ferveur en même temps que la communauté accueille jusqu'à 80 religieux ! Le Père Ambroise-Marie GARDIEL y fut envoyé comme régent des études ; il devint par la suite un théologien de renom, dont les travaux constituent des classiques de la théologie thomiste. Avec lui se trouvaient aussi les Pères SCHWALM, GARET et LACOME, autres théologiens qui marqueront l'histoire de la pensée thomiste. Parmi les novices, il y eut le futur Père JANVIER, qui se rendra célèbre par ses conférences à Notre-Dame de Paris et ses activités dans l'apostolat auprès des artistes ; les Pères MANDONNET, lecteur en théologie et bibliothécaire du couvent, et SERTILLANGES deviendront eux aussi des théologiens fameux, professeurs en Faculté et écrivains célèbres. Pépinière de novices, le couvent continua sa tradition de fidélité rigoureuse à l'observance des pratiques de pénitence et de prière dominicaines : promenades quotidiennes en silence et en file indienne ; offices complets au chœur en grégorien ; pénitence dans la nourriture (abstinence totale) et le chauffage ; obéissance au supérieur ; pratique des coulpes, etc. L'observance y était même, au dire de témoins, plus stricte qu'à Flavigny. Cette période fut sans doute l'apogée du rayonnement du couvent avant le deuxième drame : l'expulsion de 1903 accompagnée de la spoliation totale du couvent.

       
         
Pères Dominicains dans le cloître
 


Le Père DIDON exilé au Couvent

      Le Père Henri DIDON, dominicain de Paris, fut envoyé au Couvent de Corbara, "couvent solitaire", "Chartreuse ", "tombeau blanc, sauvage et austère ", en avril 1880 pour éviter que ne se développent les troubles nés de ses prédications de l'Avent en l'église St Philippe du Roule de Paris, puis de ses prédications de Carême à l'église de la Trinité. Orateur de grand talent, n'hésitant pas à s'attaquer à des sujets d'actualité (en l'occurrence le projet de loi Naquet, favorable au divorce), il tint des propos qui heurtèrent la sensibilité d'une partie de l'auditoire, sans pour autant aller contre la doctrine de l'Eglise. On lui reprochait de donner trop d'importance à ce qu'on appellerait aujourd'hui le dialogue avec le monde politique et les évolutions sociales. En réalité il devint l'occasion de discordes à l'intérieur des communautés chrétiennes, et fut accusé auprès des autorités ecclésiales jusqu'à Rome. Celles-ci décidèrent de mettre un terme à cette situation ambiguë en l'éloignant de Paris. Le Père DIDON se rend à Corbara en esprit de grandes humilité et soumission. Il y séjourna seize mois, logeant dans une cellule avec vue sur le couchant, vers la mer. Il s'adapta immédiatement, mais non sans regret, à un rythme et à un mode de vie inattendus pour lui, disposant de longues heures d'étude et de promenade, et, en bon disciple du Père LACORDAIRE (entre les mains duquel il fit profession religieuse), se donnant généreusement à toutes les exigences d'une vie particulièrement austère, entretenant une abondante correspondance, entre autres avec Mme COMMANVILLE, nièce de Gustave FLAUBERT. Il s'attaque à la rédactiond'un ouvrage qui devint aussitôt célèbre, non seulement par l'occasion de sa publication, mais aussi par son thème et son érudition : "La vie de Jésus" (Plon, 1890, 893 pages) thème toujours aussi actuel à en juger par les parutions récentes ... C'est en l'écrivant qu'il dira : "Je n'ai jamais vu le Christ de plus près qu'ici".

   
   
      Père DIDON    
           
Page -  1  -  2  -  3  -
   
Les frères •  Les Activités •  RenseignementsCalendrier •  Sessions été •  Historique  •  Photos Couvent  •  Photos Souvenirs   •  Liens