Si la personnalité
attachante, intelligente et généreuse, du Père CORMIER
a marqué d'une manière indélébile l'histoire de Corbara, le fait que
le Couvent soit en Corse, donc à la fois éloigné du continent, de la
France et de l'Italie, et dans une île qui ne peut pas prétendre offrir
un terrain d'avenir à une maison d'études, rend tous les projets et
la vie même de la communauté très aléatoires. De noviciat italien, le
Couvent devint, par initiative personnelle du Père JANDEL,
« Ecole apostolique », foyer de formation à la mission, orientée en
particulier vers l'Orient et vers l'Amérique du Sud. Déjà le Père
CORMIER y songeait, mais cette nouvelle orientation prendra
forme dans les cinq années qui suivirent son départ. Et pour cinq années
seulement. |
|||||||||||||
![]() |
|||||||||||||
Pères
Dominicains dans le cloître |
|||||||||||||
Le Père Henri DIDON, dominicain de Paris, fut envoyé au Couvent de Corbara, "couvent solitaire", "Chartreuse ", "tombeau blanc, sauvage et austère ", en avril 1880 pour éviter que ne se développent les troubles nés de ses prédications de l'Avent en l'église St Philippe du Roule de Paris, puis de ses prédications de Carême à l'église de la Trinité. Orateur de grand talent, n'hésitant pas à s'attaquer à des sujets d'actualité (en l'occurrence le projet de loi Naquet, favorable au divorce), il tint des propos qui heurtèrent la sensibilité d'une partie de l'auditoire, sans pour autant aller contre la doctrine de l'Eglise. On lui reprochait de donner trop d'importance à ce qu'on appellerait aujourd'hui le dialogue avec le monde politique et les évolutions sociales. En réalité il devint l'occasion de discordes à l'intérieur des communautés chrétiennes, et fut accusé auprès des autorités ecclésiales jusqu'à Rome. Celles-ci décidèrent de mettre un terme à cette situation ambiguë en l'éloignant de Paris. Le Père DIDON se rend à Corbara en esprit de grandes humilité et soumission. Il y séjourna seize mois, logeant dans une cellule avec vue sur le couchant, vers la mer. Il s'adapta immédiatement, mais non sans regret, à un rythme et à un mode de vie inattendus pour lui, disposant de longues heures d'étude et de promenade, et, en bon disciple du Père LACORDAIRE (entre les mains duquel il fit profession religieuse), se donnant généreusement à toutes les exigences d'une vie particulièrement austère, entretenant une abondante correspondance, entre autres avec Mme COMMANVILLE, nièce de Gustave FLAUBERT. Il s'attaque à la rédactiond'un ouvrage qui devint aussitôt célèbre, non seulement par l'occasion de sa publication, mais aussi par son thème et son érudition : "La vie de Jésus" (Plon, 1890, 893 pages) thème toujours aussi actuel à en juger par les parutions récentes ... C'est en l'écrivant qu'il dira : "Je n'ai jamais vu le Christ de plus près qu'ici". |
|||||||||||||
![]() |
|||||||||||||
| Père DIDON | |||||||||||||
| Les frères • Les Activités • Renseignements • Calendrier • Sessions été • Historique • Photos Couvent • Photos Souvenirs • Liens |